TPE-PME : délai de paiement toujours en hausse ?

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La baisse des défaillances d’entreprises françaises pendant la pandémie de coronavirus reflète un soutien important du gouvernement qui a masqué des performances disparates parmi les PME, tout comme la stabilité de la dette nette globale des entreprises. Nous nous attendons à ce que les arriérés et les défauts de paiement parmi les PME augmentent à mesure que le soutien est retiré et cela se reflète dans les attentes de performance PME, qui intègrent déjà les stress liés à la pandémie.

TPE-PME : délai de paiement toujours en hausse ?

Statistiques

Les données de la Banque de France montrent que le nombre de défaillances d’entreprises a diminué de 39 % en 2020 par rapport à 2019, malgré une contraction du PIB français de plus de 8 % l’an dernier. Le nombre de faillites de PME en février 2021 a diminué de 43,2% par rapport à février 2020 – le dernier mois complet avant l’introduction des blocages à la mi-mars 2020.

Cependant, cela reflète en partie des modifications temporaires de la loi sur les faillites en France qui ont allongé le délai de déclaration d’insolvabilité, et plus particulièrement les mesures prises par le gouvernement pour soutenir la trésorerie des PME et réduire ou retarder certains coûts. Ces mesures comprennent des subventions salariales, une réduction des cotisations patronales de sécurité sociale, des prêts garantis par l’État et le fonds de solidarité pour les petites entreprises.

Accès au crédit

L’accès au crédit a rebondi après une première baisse l’endettement brut des entreprises non financières françaises ayant augmenté de 200 milliards d’euros en 2020. Cela comprenait 130 milliards d’euros de prêts garantis par l’État (PGE), dont 9/ 10 ont été accordés aux petites entreprises. Selon la Banque de France, la part des demandes de crédit acceptées (c’est-à-dire que le montant accordé est égal ou supérieur à 75 % du montant demandé) est proche de 90 %.

Cela devrait protéger davantage les PME de l’impact économique persistant de la pandémie. Des études montrent que 70 % des entreprises ayant souscrit des PGE n’ont dépensé soit aucune de l’argent emprunté, soit une faible part. Pour ces entreprises, les prêts garantis constituent des liquidités de précaution, comme en témoigne l’augmentation des dépôts. Ceux-ci ont augmenté d’environ 170 milliards d’euros, tandis que les avoirs des OPC monétaires (une sorte de fonds du marché monétaire) ont augmenté de 30 milliards d’euros.

Situation post-covid

Cependant, alors que l’endettement net global est resté globalement stable, il y aura des disparités entre les entreprises individuelles, car certaines s’endetteront pour remplacer les flux de trésorerie perdus en raison de facteurs liés à la pandémie. 13% des entreprises non financières ont déclaré que les retards dans la réception des paiements avaient augmenté au cours de l’année jusqu’en novembre 2020, notamment les paiements dus par les petites entreprises.

Par conséquent, nous nous attendons à un effet retardé de la pandémie, avec une détérioration des arriérés et des défauts de paiement des PME en 2021 et 2022 en fonction de l’efficacité des mesures de soutien restantes et de l’exposition des emprunteurs aux blocages (comme le tourisme) et à l’accélération des changements structurels par la pandémie, comme une plus grande vente au détail en ligne ou le travail à domicile.